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Au plus bas qu’il est possible


Lui qui doit séjourner dans les plus hauts séjours,
Le voici au plus bas qu’il est possible de descendre.
Lui, de la Trinité, le Fils égal du Père,
Il va ressaisir dans l’Esprit
cette part de son corps qui voulait lui échapper.
Il ne pouvait supprimer le mal qui tenait l’humanité captive
Sans aller au profond de la terre pour l’extirper jusqu’aux racines.
Il vient tirer de la poussière de la mort pour le retourner vers la vie
Celui qu’il avait au commencement tiré de la poussière du sol.
Il lui saisit la main, comme il avait fait dans le premier jardin,
Comme il avait fait pour Ève quand il l’avait conduite vers lui.
La main qui le saisit est celle qui l’a pétri et modelé à l’origine,
Une main désormais qui garde ineffaçable des traces de clous.
C’est la main qui s’est tendue vers Pierre pour le sauver,
Quand la foi ne le portait plus et qu’il enfonçait dans les eaux.
C’est la main qui prit la main de la petite fille de douze ans,
De l’enfant possédé, de la fille de Jaïre, de la belle-mère de Simon.
Et comme il a marché sur le dos des vagues en furie,
Il marche sur la puissance d’en bas avec des pieds que les bourreaux ont transpercés.
Aujourd’hui, il descend dans les enfers des bidonvilles et des hôpitaux psychiatriques,
Aux enfers des camps où l’on parque déportés et réfugiés.
Le voici descendu jusqu’à l’enfer des chambres à gaz
Jusqu’aux bas-fonds de la prostitution, de l’alcool et de la drogue.
Car il n’est pas un Dieu qui promettait aux hommes un bonheur à venir
Sans les aller chercher dans les angoisses de leur présent malheur.
Il ne se contente pas d’appeler
« Venez à moi, vous qui êtes fatigués : je vous consolerai ! »
Il vient lui-même relever celui qui est incapable de marcher à sa rencontre.
Il n’attend pas que le fugitif retourne à la maison,
il sort au-devant de lui et lui ouvre les bras.
Jusqu’aux ravins de la mort, il court après les brebis perdues,
Il ne revient qu’il ne les ait trouvées, chargées sur ses épaules.
Le grand mystère de Dieu n’est pas qu’il habite l’inaccessible lumière,
Mais qu’il s’enfonce là-même où l’homme n’a pas d’autres compagne que la ténèbre.
Car il faut que la nuit rende le jour, que la mort rende tous ses morts,
Et que les enfers dégorgent tout ce qu’ils ont englouti.
Car il faut que tous les mots humains créés pour faire écho à son Verbe
Échappent au silence et se joignent à son hymne de reconnaissance

Textes de Didier Rimaud - Œuvres de Virginie Von Rakowski

 

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